Rendre son association attractive pour les journalistes et les médias

Fiche pratique

Bien communiquer, c’est donner la bonne information au bon contact, au bon moment. Et quand ce contact est un·e journaliste, il est parfois difficile de savoir comment s’y prendre. Pourtant, vous avez déjà listé les journaliste et médias qui vous intéressent dans votre fichier presse et il ne vous reste plus qu’à les contacter, mais vous n’arrivez pas à vous lancer. Voici donc quelques conseils pour s’adapter aux codes du monde médiatique.


Construire son fichier presse

Avoir une idée du fonctionnement des médias peut être un commencement. Les médias « classiques » comme la presse, la radio et la télévision s’astreignent à des temporalités spécifiques, c’est-à-dire qu’ils ont besoin d’un temps plus ou moins long pour produire et rendre l’information publique. Si vous voulez être repris·e·s par un magazine mensuel par exemple, il faudra vous y prendre vraiment à l’avance, là où un quotidien pourra vous rencontrer jusqu’à la veille de la parution de son journal.

Aujourd’hui, les médias veulent raconter des histoires. Et l’histoire que vous leur proposerez devra être accompagnée d’images. Qu’il s’agisse de photos, de vidéos, ou d’une animation de rue, pour la presse et surtout la télévision, l’image est primordiale. Choisissez dans l’idéal celle que vous souhaitez voir apparaître avec votre actualité.

Avant d’envoyer votre actualité, étudiez les positionnements des médias : plutôt jeunes ou grand public, plutôt funs, plutôt classiques, plutôt axés sur le social ou plutôt sur le business, etc. Chaque média a son propre positionnement et parfois sa spécialité comme la culture, l’information générale, la musique ou les sports. Un média spécialisé touchera peut-être moins de gens qu’un média généraliste mais il vous apportera un lectorat ou une audience plus qualifiée, donc plus à même d’être engagée vis-à-vis de votre message.

Sur le web, vous retrouverez bien entendu les médias classiques. Mais attention : être publié·e·s sur le site du Parisien ne vous garantit pas d’être dans la version papier puisque les rédactions web et print sont souvent indépendantes l’une de l’autre. 

Pensez aux médias pure players, c’est-à-dire ceux qui n’exercent qu’en ligne, comme Rue89, Mediapart, Huffington Post, Slate, MadmoiZelle

Rapprochez-vous également des influenceur·se·s et blogueur·se·s thématiques : il·elle·s évoluent dans un éco-système particulièrement influent. Certains blogs cumulent le million de vues mensuelles et sont plus ouvert·e·s que les médias traditionnels. Ils ont donc naturellement leur place dans votre fichier presse.

Ne négligez pas non plus les médias étudiants. On les oublie parfois, mais les médias étudiants comme les Radios Campus sont de précieux messagers auprès de votre public. N’hésitez pas à contacter directement des jeunes journalistes qui cherchent souvent du contenu pour leurs émissions. 

Enfin, si votre public est jeune comme vous, étudiez vos propres pratiques, identifiez les sites et médias que vous préférez et tentez de diffuser votre message dessus. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas le ou la seule de votre génération à suivre l’actualité sur ces plateformes.

Et maintenant que vous avez toutes les cartes en main, vous pouvez commencer à construire le fameux fichier presse. L’idée principale à garder en tête lors de la constitution de ce dernier est la pertinence du choix des médias avec votre association et les bonnes relations que vous entretenez avec eux. Et pour en savoir plus vous pouvez consulter la fiche suivante.


Intéresser les journalistes

« De toute façon, pour intéresser les journalistes aujourd’hui, il faut faire du buzz ! », entend-on souvent. C’est à moitié vrai car les professionnel·le·s de l’information ne sont en fait que des intermédiaires entre vous et le grand public. Il·elle·s cherchent donc prioritairement à diffuser une information qui plaira à leurs lecteur·rice·s. 

Pour rentrer dans leurs critères, voici quelques réflexes simples. Surprenez vos interlocuteur·rice·s. Les informations qui retiennent le plus l’attention sont celles qui sont inattendues, celles qui sont originales et présentées sous un format nouveau. Trouvez aussi un angle d’approche et des phrases accrocheuses. 

Enfin, pour susciter l’intérêt des médias, un bon moyen est d’inviter des personnalités importantes et intéressantes dans le domaine qui vous intéresse. Car ayant une réputation, les médias sauront de qui vous parler et sauront d’autant plus à même de le·la rencontrer ou de vouloir lui parler. 

RÉDIGER UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Vieux comme le monde, le communiqué de presse (CP) est un document court qui présente un projet, un événement ou un outil aux journalistes. Dans le milieu associatif, plusieurs situations peuvent vous amener à envoyer un CP :

  • la création d’une association ;
  • l’annonce d’un événement/projet ;
  • la réaction à une annonce publique (discours d’un·e ministre, lancement d’un programme etc.). 

Le communiqué de presse doit être une base d’articles pour les journalistes qui pourraient reprendre votre information. Notez que vous ne serez pas les seul·e·s à leur en envoyer. Pour avoir un maximum de chance à vos articles d’être relayés adoptez un ton journalistique, synthétique, précis et neutre.

Le communiqué de presse idéal fait une demi page : le titre doit être percutant et informatif, la première phrase répond aux questions « quoi, qui, quand, où » et le reste doit développer « pourquoi » et « comment », avec éventuellement des intertitres. À la fin du CP, indiquez une personne ressource, ses contacts et ajoutez un paragraphe pour présenter votre association.

En termes de délais, votre communiqué devra être envoyé quinze à trois jours avant le lancement du projet. Il peut éventuellement être suivi d’un coup de fil afin de « s’assurer de sa bonne réception ». Si le premier communiqué ne donne rien, persévérez. Les journalistes apprendront à vous connaître et réagiront davantage. 

Petit conseil pratique : envoyez toujours votre fichier en Copie Carbone Invisible (Cci) lorsque vous l’envoyez par mail à tous vos contacts (fichier presse, partenaires, contacts divers et variés), cela est gage de crédit.

Attention à ne pas communiquer sur tout et n’importe quoi : les journalistes chercheront dans votre communiqué de presse ce qui pourrait intéresser leurs lecteur·rice·s. 

Constituez un petit fichier de contacts de journalistes pertinent·e·s afin de les relancer personnellement. Souvent, envoyer un communiqué ne suffit pas : il faut donc décrocher son téléphone pour appeler votre relais médiatique et le convaincre de l’intérêt de votre actualité pour ses lecteur·rice·s.

RÉDIGER UN DOSSIER DE PRESSE

Le dossier de presse est un support plus long, qui vient compléter le communiqué de presse. Si ce dernier doit être court et synthétique, le dossier de presse lui est plus exhaustif. Il s’agit d’un ensemble de documents relatifs à votre évènement mais également à votre association et qui peut comporter des échantillons et des visuels s’y rapportant. 

Il est vraiment pertinent que si vous organisez un gros évènement, sinon cela risque de vous prendre du temps pour pas grand-chose surtout quand on sait que 90% des dossiers de presse ne sont pas lus. Si vous souhaitez en faire un, vous trouverez ici quelques conseils pour éviter à votre dossier d’en faire partie. 

MISEZ SUR LE TITRE ET L’INTRODUCTION

Si vous souhaitez attirer l’attention des journalistes et des médias que vous sollicitez, le mieux est d’adopter leur langage. Rien ne vaut mieux qu’un titre accrocheur et une introduction qui les incitera à poursuivre leur lecture. 

Le titre doit donc être court et permettre de savoir le sujet de votre évènement, si possible problématisé ou en lien avec un sujet ou une thématique d’actualité ou en lien avec les valeurs  du média, ce qui pourra attirer son attention. 

L’introduction, quant à elle, doit être synthétique et mettre en avant 3 ou 4 points importants de votre évènement, et si possible les plus originaux. Évitez les phrases trop longues ou trop scolaires. Vous pouvez être bref·ve·s tout en étant passionné·e·s. En effet, essayer de transmettre dans ces quelques lignes l’enthousiasme qui vous a amené à créer et organiser cet évènement. 

Tentez de vous mettre leur place et de prendre du recul. Cela fait des mois que vous organisez ce projet et que vous le connaissez dans les détails mais pour un·e journaliste seules les lignes que vous écrirez seront représentatives de votre projet (en tout cas au début si vous avez de la chance). 

C’est pourquoi, prenez bien le temps de choisir vos mots, de vous relire, et d’en discuter avec votre équipe. Ce temps que vous aurez mis à titiller sur les mots de votre titre et d’introduction est (malheureusement) votre seule chance d’attirer les journalistes, qui reçoivent un nombre très important de dossiers de presse.

STRUCTUREZ VOTRE DOSSIER

Si cette étape est passée, les journalistes liront la suite de votre dossier. Souvent long, les dossiers sont la plupart du temps mal organisés, pas assez personnalisés, répétitifs, il vous faut éviter cela pour continuer à retenir leur attention. 

Pensez tout de suite à votre sommaire. Celui-ci montrera que vous avez bien organisé et structuré votre dossier selon des axes importants. Cela améliorera sa lisibilité et pourra ainsi être facilement consulté et lu par les journalistes. Cela leur fera gagner du temps et ne pourra qu’être apprécié. 

Commencez à mettre en valeur votre dossier avec un mot d’une personne importante qui aurait soutenu, participé, aidé, parrainé votre projet (le·la fondatrice, une personnalité, un·e partenaire important·e) accompagné d’une courte biographie et d’une photo pour le·la personnaliser.

Dressez ensuite un court bilan favorable de votre action tout en évitant le langage marketing qui risque de rebuter les journalistes. N’hésitez pas à mettre des mots en gras pour attirer l’attention sur des éléments importants. 

Ensuite, présentez votre association et le sujet principal de ce dossier. Cela doit être fait synthétiquement (1 à 2 pages), avec des visuels qui mettront en valeur et rendront votre dossier plus attrayant.

Puis, vous pourrez détailler le sujet principal de votre dossier de presse en y décrivant le bilan de l’action, c’est-à-dire sa préparation. Comme cela s’est organisé, qui et combien de personnes sont attendues, quand et où etc. Pensez à ajouter des chiffres et des graphiques pour donner des éléments factuels qui pourront éventuellement être repris par les journalistes. 

Enfin, tout comme pour le communiqué de presse, n’oubliez pas la page contact : coordonnées de la personne référente et coordonnées de l’association pour que les journalistes puissent vous retrouver et vous recontacter si il·elle·s en ont besoin. 

Bien entendu, tout ceci sont des conseils, vous pouvez organiser et rédiger votre dossier de presse à votre sauce et en fonction de vos besoins et des activités de votre association. L’important est de retenir que votre dossier doit être organisé pour donner envie aux journalistes de s’y pencher. 

ATTIRER SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Les journalistes et les médias sont aujourd’hui présent·e·s sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, plateforme privilégiée pour la communication publique des institutions publiques, privées et des journalistes et médias.

N’hésitez pas à créer un compte pour votre association et y diffusez les informations/évènements/actions qui peuvent les intéresser, soit en les mentionnant (@), soit en les interpellant directement. Pour en savoir plus consultez la fiche pratique « faire connaitre son association sur les réseaux sociaux ».


Conclusion

En conclusion, si attirer l’attention des journalistes et des médias n’est pas forcément aisée, notamment les grands médias, vous pourrez toujours être médiatisées par des structures plus petites, locales et spécialisées pour gagner en visibilité et en notoriété. Pour cela, cherchez bien tous les médias qui s’intéressent à votre thématique, et cherchez auprès des différents types de médias. Ne vous découragez-pas, et faites le progressivement : être relayé·e par l’université ou par le média local constitue déjà un énorme pas ! 

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